Maurice a durci son dispositif sanitaire aux frontières après que le Conseil des ministres a rendu obligatoire, pour tous les voyageurs entrant dans le pays par voie aérienne ou maritime, le remplissage d’une déclaration de santé et du formulaire de voyage tout-en-un (All-in-One Travel Form) avant l’embarquement, avec un dépistage renforcé et une évaluation des risques à l’arrivée. Les ressortissants étrangers qui se sont rendus en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud, qui y ont transité ou séjourné au cours des 21 derniers jours, sont temporairement interdits d’entrée à Maurice. Les citoyens mauriciens et les résidents étrangers de retour de ces trois pays restent autorisés à entrer, mais doivent observer une quarantaine obligatoire de 21 jours à leur arrivée.
Cette décision intervient alors que la dernière flambée d’Ebola, confirmée en République démocratique du Congo et en Ouganda en mai 2026, continue d’évoluer. L’Organisation mondiale de la santé indique que cette épidémie est due à l’espèce Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique, même si des travaux de riposte sont en cours. Au 9 juin, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) signalaient que l’épidémie touchait des zones reculées de la RDC et de l’Ouganda, tandis que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies faisait état de 598 cas confirmés et 115 décès en RDC, ainsi que de 19 cas confirmés et deux décès en Ouganda.
Ebola est une maladie virale grave, souvent mortelle, qui touche l’homme et d’autres primates. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le virus se transmet à l’homme à partir d’animaux sauvages infectés, puis se propage d’une personne à l’autre par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres fluides corporels, ainsi qu’avec des matériaux contaminés tels que la literie et les vêtements. Les symptômes peuvent apparaître brutalement et comprennent fièvre, fatigue, maux de tête, mal de gorge, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, éruptions cutanées et, dans certains cas, des saignements internes ou externes.
Pour Maurice, ces mesures sont préventives, mais loin d’être anodines. Elles montrent que les autorités cherchent à maintenir les frontières ouvertes tout en appliquant des contrôles ciblés afin de réduire le risque d’infection importée et de rassurer la population, les compagnies aériennes et le secteur du tourisme.