Vente du Royal Palm : Beachcomber mise sur l’Afrique

Editorial février 11, 2026

New Mauritius Hotels Limited (NMH) a confirmé la vente du Royal Palm Beachcomber Luxury à sa filiale, Beachcomber Hospitality Investments Ltd (BHI), pour un montant de 50,6 millions d’euros. L’opération, confirmée le 6 février 2026, marque un tournant décisif dans la restructuration du plus grand groupe hôtelier mauricien. Elle traduit également une stratégie délibérée : vendre un fleuron local pour financer l’expansion à l’international.

Le Royal Palm, propriété ultra-luxe d’environ 70 suites située sur la péninsule de Grand Baie, est depuis longtemps l’adresse la plus prestigieuse de Beachcomber. Alors pourquoi la céder ? La réponse se trouve à quelque 2 800 kilomètres de là, au large de la Tanzanie, à Zanzibar. NMH poursuit l’acquisition d’un resort cinq étoiles de premier plan sur l’archipel, qui pourrait être, selon certaines sources, le Zuri Zanzibar (56 clés) situé sur la plage de Kendwa. La vente du Royal Palm financera en partie cette acquisition. Le solde sera couvert par de la dette bancaire.

Point essentiel : le Royal Palm reste sous la gestion de Beachcomber grâce à un accord de cession-bail (leaseback). Les clients et le personnel ne remarqueront aucun changement. Le pavillon de la marque demeure. Ce qui change, c’est la structure de propriété : BHI détient désormais l’actif tandis que NMH continue de l’exploiter.

Effets sur le marché

Le prix de 50,6 millions d’euros, évalué de manière indépendante par Knight Frank, situe le Royal Palm à environ 720 000 euros par clé (chiffre indicatif). Il s’agit d’un référentiel significatif pour la valorisation des hôtels de luxe dans l’océan Indien. Côté investisseurs, le portefeuille de BHI s’élève désormais à cinq propriétés, avec un total d’actifs avoisinant les 400 millions d’euros. Ses actions de préférence, déjà sursouscrites lors d’une récente levée de 35 millions d’euros, offrent des rendements attractifs. BHI est en passe de devenir le véhicule qui se rapproche le plus d’une foncière hospitalière cotée (REIT) à Maurice.

Un virage régional

Cette transaction s’inscrit dans une dynamique plus large. NMH investit simultanément plus de 57 millions d’euros dans un second hôtel de luxe au Royal Palm Marrakech, géré par Fairmont. Le groupe a également remboursé par anticipation une part substantielle de son prêt MIC contracté durant la période COVID. La tendance est claire : les principaux groupes hôteliers mauriciens dépassent les limites d’un marché domestique de 1,44 million d’arrivées annuelles et déploient leurs capitaux à travers l’Afrique de l’Est et du Nord. 

Pour le segment luxe de Zanzibar, un resort sous la marque Beachcomber élève le niveau d’exigence. Pour Maurice, cette opération distingue l’immobilier hôtelier en tant que classe d’actifs investissable à part entière. Et pour la région, elle confirme que les capitaux de l’hôtellerie de l’océan Indien s’exportent désormais avec détermination.

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