Le prêt locatif bientôt à Maurice?

Editor-in-Chief août 12, 2026

Maurice pourrait bientôt disposer d'un nouveau type de crédit immobilier, le ‘buy-to-let’, conçu pour ceux qui achètent un bien afin de le louer et non de l'habiter. Le député Manoj Seeburn, avocat élu en 2024 dans la circonscription de Vieux Grand Port et Rose Belle, a demandé au gouvernement s'il comptait favoriser la création d'un tel produit, avec l'appui de la Banque de Maurice.

Le Premier ministre a rappelé que Maurice offre déjà plusieurs voies de financement immobilier, par les banques, les compagnies d'assurance et la Mauritius Housing Company. Le prêt ‘buy-to-let’ s'en distingue toutefois sur un point essentiel : la banque calcule le montant accordé à partir des loyers attendus, et non des revenus professionnels de l'emprunteur.

Il a précisé que les banques pourraient déjà proposer ce type de crédit si elles le souhaitaient, la réglementation de la Banque de Maurice le permettant. Ces prêts exigeraient cependant un apport personnel plus important, la mise en location étant jugée plus risquée par les établissements prêteurs.

Il a ajouté qu'en août 2026, aucune banque n'a formulé de demande en ce sens, mais que le gouvernement reste ouvert à l'étude de la question, y compris en examinant le fonctionnement du dispositif au Royaume-Uni.

Et les acheteurs étrangers ?

Les non-citoyens peuvent déjà emprunter pour acquérir un bien à Maurice, à des conditions plus strictes que les résidents. Un futur produit ‘buy-to-let’ prolongerait donc vraisemblablement ce cadre applicable aux non-résidents plutôt que de créer une catégorie d'éligibilité entièrement nouvelle. Les acheteurs étrangers et non-résidents obtiennent aujourd'hui des quotités de financement de l'ordre de 50 à 70 pour cent, soit un apport de 30 à 40 pour cent, des taux d'intérêt situés entre 5,5 et 8,5 pour cent, et des durées plus courtes, de 15 à 25 ans, comparées à celles des résidents. 

Ces crédits sont déjà adossés à des régimes d'investissement agréés comme le PDS, l'IRS, le RES et les Smart Cities, ceux-là mêmes qui ouvrent droit au permis de résidence. Un produit ‘buy-to-let’ formalisé s'inscrirait donc, selon toute vraisemblance, dans ce canal de financement déjà réservé aux investisseurs étrangers.

Le modèle britannique en bref

Le loyer décide, pas le salaire. Les prêteurs britanniques dimensionnent le crédit à partir des loyers attendus plutôt que du salaire de l'emprunteur, en exigeant généralement que le loyer mensuel couvre 125 à 145 pour cent de la mensualité.

L'acheteur doit habituellement disposer de 20 à 25 pour cent du prix, parfois jusqu'à 40 pour cent pour obtenir les meilleurs taux, la plupart des prêteurs plafonnant le financement à 75 ou 80 pour cent de la valeur du bien.

La majorité des prêts ‘buy-to-let’ britanniques sont remboursables via des mensualités qui ne couvrent que les intérêts, le capital étant réglé plus tard, le plus souvent par la revente du bien ou par un rachat de crédit.

Le prêt ‘buy-to-let’ existe au Royaume-Uni depuis 1996 et constitue l'un des systèmes de financement locatif les plus matures au monde, ce qui explique sans doute que le Premier ministre mauricien l'ait cité comme modèle à étudier.

Si Maurice franchit le pas, davantage d'acheteurs pourraient investir dans un bien uniquement pour le louer, et davantage de familles trouveraient ainsi un toit.

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