Construire à Maurice coûte désormais plus cher.

Editorial février 19, 2026

Si vous planifiez une construction résidentielle à Maurice, les chiffres ne jouent pas en votre faveur. L'Indice des prix de la construction, publié par Statistics Mauritius, a atteint 145,5 en juin 2025, contre 141,6 six mois plus tôt. Cela représente un bond de 2,8 % en six mois et une hausse de 5,9 % en glissement annuel, bien au-delà de l'inflation générale. Le coût de la construction est désormais une préoccupation de premier plan pour chaque ménage et chaque promoteur de l'île.

La main-d'œuvre au cœur du problème

La main-d'œuvre représente 24,1 % de l'indice et a bondi de 13,8 % en glissement annuel au cours du deuxième trimestre. C'est le facteur de coût le plus persistant du marché à l'heure actuelle. Les matériaux, à 68,6 % de l'indice, aggravent la situation. Le ciment, les menuiseries en aluminium et le mortier prêt à l'emploi sont tous orientés à la hausse depuis mi-2024, sans signe d'accalmie.


Gagnants et perdants

Le ciment a bondi de 5,0 % rien qu'en mai. Les portes et fenêtres en aluminium, pondérées à 13,3 % de l'indice, ont progressé de 8,0 % en glissement annuel. Le coffrage a grimpé de 9,2 %, l'une des hausses soutenues les plus marquées toutes catégories confondues. Les barres d'acier font exception, en recul de 3,5 % en mai et de 3,7 % sur un an. Pour ceux qui planifient leurs achats avec soin, l'acier offre une réelle économie à court terme sur les coûts structurels.

Ce que cela signifie sur le terrain

Un projet budgété à Rs 3,0 millions peut réalistement atteindre Rs 3,2 millions en douze mois au rythme actuel. Les familles réagissent déjà : construction par phases, finitions revues à la baisse, surface au sol réduite. Pour les promoteurs liés par des contrats à prix fixe, l'érosion des marges n'est plus théorique. Les clauses d'indexation des coûts, alignées sur l'IPC officiel, doivent désormais être la norme, pas une réflexion après coup.

Depuis 2018, l'indice a progressé de 45,5 % par rapport à sa base de 100. La trajectoire est claire. Achats planifiés, approvisionnement échelonné et indexation contractuelle ne sont plus facultatifs ; c'est ainsi que l'on protège un budget de construction dans le Maurice d'aujourd'hui.

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