Maurice attire depuis longtemps les investisseurs étrangers. Un nombre croissant de ses propres conglomérats inversent aujourd’hui ce flux, engageant des capitaux importants sur des marchés en Afrique, dans l’océan Indien et au-delà. La démarche emprunte deux voies: l’expansion directe à l’étranger et les alliances stratégiques structurées.
IBL Group mène cette progression. Son programme « Beyond Borders », la stratégie formelle d’internationalisation du groupe, lui a permis de déployer environ trois cent quatre-vingts millions de dollars américains dans l’océan Indien et en Afrique de l’Est au cours des quatre à cinq dernières années. The Lux Collective, opérateur hôtelier a signé de nouveaux contrats de gestion aux Émirats arabes unis et en Chine. Beachcomber Resorts and Hotels prévoit de prendre le contrôle opérationnel d’un établissement cinq étoiles à Zanzibar, en Tanzanie.
New Mauritius Hotels, le pôle hôtelier du groupe ER, a engagé plus de six cents millions de dirhams marocains (environ soixante à soixante-cinq millions de dollars américains) pour la deuxième phase de son resort Royal Palm Marrakech. Le groupe CIEL étend simultanément son réseau de soins en Ouganda, en parallèle de son portefeuille hôtelier.
Les Alliances Accélèrent l’Entrée
Certaines initiatives reposent sur le partenariat plutôt que sur la détention directe. IBL, par l’intermédiaire de sa filiale Make Distribution, a engagé une alliance avec Caillé Grande Distribution à La Réunion pour fusionner leurs réseaux de distribution au sein d’une entité unique. Caillé détiendrait environ soixante pour cent du capital, IBL conservant quarante pour cent. Le dossier, actuellement examiné par l’autorité de la concurrence réunionnaise, vise à rationaliser les opérations et à préserver l’emploi. Côté boissons, Phoenix Beverages, filiale d’IBL, a acquis cinquante-quatre pour cent du capital de Seychelles Breweries auprès de Diageo pour environ quatre-vingts millions de dollars américains, ouvrant l’accès à un marché des boissons lié au tourisme.
Un Secteur en Mutation
IBL génère désormais cinquante-quatre pour cent de son chiffre d’affaires et soixante-douze pour cent de sa croissance en dehors de Maurice. Chez CIEL, ER Group, Beachcomber et The Lux Collective, le constat est le même: les groupes mauriciens construisent des plateformes multi-marchés pour réduire leur dépendance à une économie unique et capter une croissance qui dépasse les frontières de leur île.